Je sais, je ne devrais pas penser, ça va fatiguer mes deux neurones si je continue à les solliciter autant, d'autant que je n'ai pas les réponses.

Paraît que je travaille du chapeau, paraît que je me pose trop de questions, paraît que je suis trop enthousiaste, paraît que j'ai des idées bizarres, paraît que je réfléchis trop et que ce n'est pas bien de se poser des questions, de douter. Et puis que, quand ça ne marche pas tout de suite, ça ne marchera jamais.
Avec ces raisonnements-là, on ne ferait jamais rien. On s'assiérait par terre en attendant que ça nous tombe tout rôti dans le bec. A l'école, on attendrait que les connaissances nous viennent, on apprendrait comme par magie. Ben voyons.

Paraît que ce n'est pas bien de dire "je ne sais pas", qu'on passe pour un idiot. Passer pour un idiot ne veut pas dire qu'on en soit réellement un. Surtout si après, on fait l'effort d'apprendre ce que l'on ne savait pas, non?

Mais après quand on sait quelque chose, faut surtout pas le dire, ça fait prétentieux que d'en parler avec passion.

Mais surtout, tout ça est antithétique. Faudrait savoir si l'on est trop ambitieux ou trop raté, trop fonceur ou trop "douteur". C'est saoûlant, ceux qui s'engouffrent dans vos failles pour vous dire de faire comme eux dès que vous en leur laissez le loisir.

Je vois déjà le topo dans les crèches si l'on disait à tous les mômes "n'essaye pas de crapahuter, tu vas tomber, ne te sers pas de tes jambes, tu vas être fatigué, mieux vaut que tu restes dans ton berceau sur le dos à gigoter, marcher ne t'attirera que des problèmes et des bobos aux genoux."

Si pour avoir un frigo, un téléphone, un ordi, une lampe et en bénéficier, on attendait tous de l'inventer, eh ben, on serait beaucoup à chercher encore comment faire du feu et ne pas se faire dévorer par un lion.

On dit que "trop de réflexion tue l'action".
On dit aussi qu'on adore les phrases assassines, qu'on tuerait père et mère pour un bon mot.
On dit tout et son contraire.
Les mots sont à double tranchant. A quoi bon détruire avec?
Mieux vaut être naïf mais réfléchi, enthousiaste, passionné que blasé, frileux, amer et flagorneur, non?

Enfin, moi, je trouve, sauf qu'au quotidien, c'est dur d'y croire mordicus quand tout concourt à vous prouver le contraire et qu'en plus, on vous assène le sempiternel "je m'inquiète pour toi". Ah le trip de la culpabilisation. Je te démolis car au fond, je m'inquiète pour toi. Comment parer cette flèche-là? C'est le poison absolu, celui contre lequel on n'a pas d'antidote. Hormis l'omerta ou la colère qui sont eux-mêmes des poisons aussi. Y a des jours où faudrait fermer les écoutilles et éviter les autres, en tout cas, certains autres ;)