Caelle, elle n'en fait qu'à sa tête. Vlatypas qu'à la fin du mois dernier, elle m'a pondu un truc pas piqué des hannetons. Fallait qu'on parte de chez nous pour aller ailleurs. Moi, quitter la maison dans laquelle j'avais passé toute ma vie. Je me doutais qu'un truc bizarre se tramait. Elle vidait tous les meubles pour mettre leur contenu dans des cartons. D'habitude, elle faisait l'inverse. Elle rapportait des cartons qu'elle vidait pour mettre leur contenu sur les meubles ou dedans selon la nature de l'objet rapporté. Là, c'était inimaginable. Et plus les jours passaient, plus ça s'amoncelait. Je ne comprenais pas bien. Le stress augmentant, je sentais bien qu'il ne fallait pas que je bouge une moustache. Elle n'était pas à prendre avec des pincettes.
Et puis mardi d'il y a deux semaines, y a deux types même pas costauds qui sont venus  tout démonter et tout emporter. Moi, j'ai été stocké dans mon panier dans la salle de bain et je voyais quand même les allées et venues.
Puis elle m'a emmené dans la grande pièce et là, c'était effarant, il n'y avait plus rien. Je regardais partout, médusé, et il n'y avait plus que les murs.
L'après-midi, on m'a emmené chez les parents de Caelle. Eux, je les connais mais pas leur appartement. Avec eux, faut se garer. Sa mère surtout. Elle m'appelle "l'assassin", tout ça parce que l'été dernier, j'ai estourbi une chauve-souris. Faut pas m'en vouloir d'être adroit. On m'a attaché dans la cuisine. Mon pote le chien était attaché lui aussi dans l'entrée. J'ai vite compris que c'était tendu et qu'il ne fallait pas que je la ramène.
Me suis installé comme j'ai pu sur une chaise et j'ai attendu que ça se passe. Ca ne pouvait être que temporaire. Nous n'étions pas venus nous installer ici.
Le lendemain matin, nous sommes montés dans la voiture et après un petit tour de périph' et un dernier regard à la Tour Eiffel (pour Caelle), nous avons pris la route de la Normandie. Qu'allait-il y avoir au bout du voyage?
On m'a à nouveau planté dans mon panier dans un appartement vide et les mêmes gus sont revenus apporter les affaires qu'ils avaient prises à la maison la veille. Une fois que le lit a été remonté, j'ai été rassuré. Ca voulait donc dire qu'on allait rester là.
Le soir, Caelle et moi nous sommes retrouvés dans nos nouvelles pénates. J'ai tout exploré et reniflé le moindre recoin. Faut dire qu'avant moi, il y avait déjà un chat qui habitait là. C'était intrigant. Sympa néanmoins.
Et puis c'était notre nouveau chez nous.

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Le lendemain du déménagement: pendant que Caelle s'affaire, je m'approprie les lieux en roupillant un bon coup. Et sous la couette. Quand on est fatigué, faut ce qu'il faut.

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Comment ça, j'ai une litière? Et si moi, ça me plaît d'utiliser les toilettes?!