Petite converse téléphonique avec mon grand-père qui me dit qu'il vient de voir dans le journal un petit encart intéressant pour moi.

La "cityradio" cherche pour la deuxième année consécutive des correspondants de quartier (et bénévoles) pour faire des chroniques en direct à l'antenne cet été. Il me lit l'article, me donne l'adresse du site internet pour plus de renseignements.

J'y fais un tour. Y est donné un numéro de téléphone pour "candidater". Une fois n'est pas coutume, j'empoigne mon téléphone et appelle immédiatement car ça a vraiment l'air de correspondre en sons à ce que je fais en mots et en images. Alors je tente le coup. Sait-on jamais...

Une femme répond. Aimable au début. Me demande mon prénom, mon nom, mon numéro de téléphone.
Pour l'instant, tout va bien.

Mais ça se gâte quand elle me demande dans quel quartier j'habite car je lui dis le nom d'une ville de la petite couronne.

Là, son ton change. Faut habiter Paris intra-muros, m'assène-t-elle.

J'invoque le fait qu'un de leurs correspondants ait justement parlé de la piscine de plein air qui n'est pas loin de chez moi. Non, non, non. Apparemment, les Parisiens peuvent franchir le périph' pour parler de ce qui se passe à l'extérieur mais l'inverse ne peut pas se produire.

J'ajoute que les gens de la petite couronne vont et viennent dans Paris.

Elle devient cassante. Plus de dialogue possible.

Nulle part il était précisé qu'il fallait habiter dans Paris intra-muros pour postuler.

Et sur le site web il était dit:

Le temps d’une chronique, la CityRadio donne « carte blanche » à ses auditeurs pour parler de la vie de leur quartier, de leur rue, de leur immeuble. A eux de faire partager aux auditeurs les aléas et les bonheurs de la vie francilienne en été.
Fêtes de quartiers, spectacles, personnages, coups de gueule, coups de cœur.... décalés, émus, énervés, fantasques, drôles ou sérieux, tout est possible pour devenir un des «correspondants bénévoles de la CityRadio» .

Moralité:
- Pour parler de la vie francilienne, faut habiter dans Paris même.
- Y avait le délit de faciès, y a aussi le délit d'adresse.