bon, puisque les mots prennent trop de temps à lire et que vous n'avez pas le réflexe d'imprimer et de lire quand vous en aurez le loisir, voilà des photos. Ca vous plaît, ça, les photos avec des légendes. Vous prenez ça pour de l'art (ou du journalisme) sans forcément comprendre que derrière l'art et les reporters, y a des gens comme vous et moi.

A une époque, pour les plus papivores d'entre vous et ceux qui se souviennent toujours des slogans parce que petits, ils ne voyaient pas le "politique" dedans, ils ne voyaient pas les "étiquettes". Seulement les vraies étiquettes, celles qui sont pratiques et rigolotes. Celles qui permettent de retrouver son chemin et de s'amuser avec ce qui nous fait le plus peur.

Ceux qui prenaient le métro tous seuls petits en se répétant comme un mantra(ou une comptine) "tête, queue, tête, queue" pour les changements et dont on s'est moqué plus tard quand ils disaient des termes comme ça. Personne ne leur a demandé pourquoi ils disaient ça. Vous y avez vu ce que vous vouliez y voir et vous avez ricané sans chercher à comprendre qu'on ne mettait pas le même sens derrière les mots que vous.

Ils disaient ça parce qu'ils avaient peur de se perdre dans le métro, qu'ils s'amusaient dans les escaliers, qu'ils  aimaient les escalators, qu'ils se méfiaient des clodos, de ceux qui risquaient de leur jeter des tessons de bouteille et qui, à force de les voir, finissaient par être ceux qui prenaient soin d'eux et leur disaient "mon petit", regardaient les grillons sur les rails, les petits souris qui couraient, regardaient les aveugles qui faisaient la manche, regardaient les affiches et trouvaient épatant le ballet des poseurs d'affiches. Ca les a marqués. Moi, j'aimais le slogan de "paris-match" (le poids des mots, le choc des photos), je le feuilletais dès que je le trouvais. Je l'achète toujours. Allez, moquez-vous maintenant :))

ffs
Photos réalisées sur trois jours car quand quelque chose est beau, chouette, il est urgent de l'immortaliser pour pouvoir le montrer. Car c'est beau ici, c'est beau partout. Tous les jours, le soleil se couche et se lève sur toute la terre. Tous les jours, si on lève le nez, on voit du sympa, du douloureux, du génial.

En fait, merci de ne pas nous avoir compris parce que vous nous avez laissés libres et vous nous avez permis de suivre nos idées. Et au fond, on parle la même langue que les générations précédentes et suivantes, c'est juste qu'on n'emploie pas les mêmes mots ni ne nous référons aux mêmes idoles. Alors c'est dur de se comprendre entre nous, parce que les générations ne savent pas échanger leurs références et faire un pas les uns envers les autres.

Petit jeu: (parce que c'est bientôt le week-end et qu'il faut bien se détendre...)

- vous voulez faire pleurer en deux secondes un type de soixante ans?

Vous lui passez "mon vieux" de Daniel Guichard (chanson totalement méprisée et considérée comme guimauve à l'époque mais aimée étrangement) et puis vous lui dites "il était comment, pépé, quand t'étais petit?"
Vous voulez le faire rire? (parce que ce n'est pas gentil de meurtrir les gens)
Vous lui faites parler de ses études, de son arrivée à Paris ou de l'école qu'il a fait. De ses musiques totems... de ses jouets, de ses rêves.
- vous voulez communiquer avec un jeune de 16 ans, dég' parce que sa copine n'a pas voulu venir à la soirée du samedi et l'a plantée... ? Faites-lui expliquer son lexique et là, il vous expliquera que son "daron" et que sa "daronne" lui ont fait ci ou ça. Il est intéressant de noter que le terme "daron" est un vieux terme argotique pour dire "père" et qui revient dans le langage des p'tits durs. Si vous faites ça, eh ben, il vous filera son lecteur mp3 dans les pattes et vous dira "eh, s't'plaît, i' dit quoi Eminem, là, hein? Allez, dis...traduis, je voudrais comprendre".
et puis si vous voulez faire rajeunir votre grand-mère instantanément (si vous avez la chanse qu'elle soit toujours en vie)?:
- demandez-lui comment elle a rencontré votre grand-père... et là, la vieille dame aura quinze ans à nouveau et vous mimera la scène en entier. Gestes, pas de danse et yeux qui brillent à la clé. C'est facile, en fait. Faut juste essayer. bises. Faut que j'aille écrabouiller des grosses bagnoles sur des jeux vidéo. Chic, on va se marrer !!! :))