photo54L'amour, ça s'explique pas. Paf! Ca vous tombe dessus! Comme une évidence! Paf! Ben oui, non? On en a tous des belles histoires, mais si, mais si, cherchez bien. Donc je reprends, le "parce que c'était lui, parce que c'était moi*", ce n'est pas qu'une formule, c'est beau, non?

J'y crois pas que ça n'arrive qu'au cinéma ou dans les romans ou dans les "belles histoires" qu'on raconte aux enfants pour les consoler ou les faire rêver. J'y crois pas parce que je sais qu'à un moment, on fait tous des rencontres d'exception, on a tous des rendez-vous solaires, des moments magiques hors du temps, des moments où on connecte à autrui, des moments où l'on a des coups de foudre amicaux, amoureux, des moments où l'on aime instantanément et c'est plus fort que soi, on sait que ça durera toujours, qu'un morceau de soi n'oubliera jamais ce moment-là, cette minute-là, ce clin d'œil-là, ce sourire de connivence, cet éclat de rire, cette soirée délicieuse, cette balade sous la pluie ou la neige ou dans le noir voire dans le blizzard pour les plus téméraires ou les plus casse-cou.

Y a de la magie dans la vie. Au quotidien. petit à petit. Pas à pas. Un enfant qui grandit. Un adulte qui évolue, une grand-mère qui joue à la poupée avec ses petits-enfants...

Y a plein d'exemples, plein, plein, plein. Les vôtres, les miens, les nôtres.

Tellement, à chacun les siens. Mais au fond, on est tous des tisserands du bonheur, on veut tous bien faire mais ce n'est pas facile, la vie. le quotidien, la routine, le boulot, les emmerdes, les catas (merde, j'ai foutu des miettes partout et je ne retrouve la balayette) sans parler des cataclysmes ou les catastrophes naturelles auxquels on ne peut rien.

Donc, comme je disais, la vie, c'est magique. C'est comme en cuisine, soit on applique les recettes, soit on expérimente, soit on reproduit ce qu'on a vu faire et quand on n'y arrive pas, on recommence (ou l'on fout le tout à la poubelle si c'est immangeable - les plus chanceux ont quelqu'un qui dit "t'inquiètes, on va au resto") jusqu'à temps qu'on réalise ce plat à la perfection. Parce qu'un mets, c'est important. Très important. Enfin, moi, je trouve (mais bon, je suis une tanche en cuisine). Mais j'aime les beaux livres de recettes, j'aime les beaux appareils (1) et j'aime les bons ingrédients et je suis toujours curieuse de ce qu'on peut m'apprendre. Mais quand on me dit "t'as dix minutes pour faire le brownie(2)", c'est un peu comme si un mec se jetait sur une nana à côté d'un avion de ligne et lui disait "ma cocotte, comment ça, t'arrives pas à déboulonner les écrous de la roue du train d'atterrissage?" (déjà que foutrait une nana à côté d'un avion de ligne sur le tarmac, les probabilités sont infinitésimales).

ha ha ha, la bonne blague. Ben évidemment que je sais pas faire ça mais en même temps si tu m'expliques ta technique, ptêt qu'avec un vérin et de l'aide de deux-trois éléphants de bonne taille, je vais y arriver à te piquer la roue de ton avion...!

Absurde, non?

Au cinéma, ça le ferait grave, je vois la scène déjà :)

Ca pourrait être soit drôle (comédie) ou alors un film d'action du tonnerre (archi-féministe, la revanche des donzelles, ça pourrait s'appeler - titre provisoire bien sûr) mais avant qu'on me donne le budget pour mettre en images mes super idées (alors oui, je m'appelle caelle, je veux faire un petit film d'auteur sans budget mais j'aurais besoin de tourner une scène dans un aéroport avec un vrai avion et si vous pouvez me trouver deux-trois éléphants pour faire de la figuration, dressés les éléphants, il va sans dire, je vais pouvoir atttendre longtemps), va falloir que je trouve un raccourci pour ne pas vouloir faire rire les gens avec mes idées qui ont toujours l'air bizarres. Les gens ne rient pas à partir d'un certain âge, c'est d'un triste à pleurer.

Donc, pour faire court, moi, là, je suis tombée amoureuse de cette figurine en faisant mes courses au supermarché.

Parce que j'aime bien son attitude, ses mains, son sourire, ses grands yeux, enfin c'est un tout. Il me faisait de l'oeil à chaque fois que je passais au supermarché (oui, j'ai un parcours bien particulier dans tous les supermarchés) mais je me disais, bon, je vais quand même pas m'acheter une figurine, j'ai passé l'âge, en plus, 12,99 Euros pour un coup de coeur idiot à mon âge presque cacochyme, c'est un  peu débile.

Ca faisait facile deux, trois semaines que je  le croisais dans tous les supermarchés (ah l'approche de Noël... les jouets envahissent les magasins et les mômes font des caprices dans les rayons devant leurs parents désemparés qui ne savent plus quoi faire de leur petit monstre).

Toujours est-il que ce dragon (c'est un dragon? je sais pas ce que c'est en fait, c'est idiot, pour moi, c'est un dragon mais un dragon cool, un dragon positif, va falloir que j'étudie la question maintenant que je l'ai ramené à la maison) me plaisait bien, je me suis même dit que j'allais le demander pour Noël ou souhaiter très fort que quelqu'un ait la bonne idée de me l'offrir.

Oui, quatre ans, la fille, je sais, je sais.

Bref la gamine que je suis restée s'était dit tout ça (je me parle beaucoup) et puis étais passée à autre chose. A mon âge, on ne tanne plus tout le monde avec un dragon en plastique, même à l'approche des fêtes de fin d'année. Donc on n'a peu de chances qu'on vous surprenne en vous l'offrant. C'est dommage.

Et puis on a des soucis de grand. Et puis on pense aux cadeaux qu'on va faire aux autres et au budget qu'on peut y consacrer et surtout quand on va pouvoir trouver un créneau pour aller acheter ces foutus cadeaux de malheur juste parfaits pour le destinataire.

Oui, j'aime faire des cadeaux. Pas des gros cadeaux. Mais le cadeau où la personne qui le reçoit l'espace de quelques minutes se conduit comme un gamin étonné d'avoir une surprise. Vous voyez ce que je veux dire ou pas?

Le truc avec du bolduc, le truc mignon, le truc qui fait que la personne soudain prend des précautions extrêmes pour ne pas abîmer l'emballage et faire durer le suspense et joue au jeu des devinettes.

C'est ça, la magie des cadeaux. Enfin, c'est ainsi que je le vois. Le petit paquet avec le joli papier, la belle boîte, on le secoue pour savoir ce qu'il y a dedans. Ou on prend des ciseaux pour couper proprement le bolduc ou alors mieux on desserre un peu le bolduc pour ne pas l'abîmer. Parce que c'est joli, le bolduc. Et c'est tout un art de le faire friser.Des années d'entraînement, un bolduc de bonne qualité, les bons ciseaux et surtout le bon geste.

Donc j'aime bien faire des cadeaux et j'ai mes chouchous à qui je fais des cadeaux. Ceux à qui j'enverrai toujours quelque chose pour Noël. Ou leur anniversaire. Ou les deux.

Que j'ai beaucoup d'argent ou pas, je marquerai le coup d'une manière ou d'une autre.

Mais maintenant, ceux qui me faisaient des cadeaux pour Noël ne sont plus nombreux. Enfant, j'étudiais très sérieusement les catalogues de jouets, je les lisais attentivement, vraiment très attentivement. Je lisais le catalogue de la Redoute et celui des 3 Suisses aussi. Ceux-là, c'était pour le fun. J'achetais rien et je m'en foutais qu'on m'y achète quelque chose mais c'était joli à lire. Distrayant. Rassurant. Et je pouvais rester deux heures à lire ça en mangeant un Kiri (oui, je pouvais faire durer un Kiri deux heures).

Comme je peux siroter un expresso deux heures. Ou secourir un moucheron qui s'y noit. Je trouve d'ailleurs curieux tous ces moucherons qui viennent se suicider dans mes verres (c'est un phénomène fréquent). Si vous me connaissiez en vrai, vous pourriez y assister en vrai et voir que je ne suis pas une menteuse (j'ai des témoins!!!!).

Donc plus personne ne me fait de cadeau pour Noël et j'ai pas l'argent pour me faire plaisir en ressortant de chez le concessionnaire avec la voiture de la mort qui tue qui me ferait sentir ultra-bien (m'en fous, j'adore ma bagnole car c'est la mienne) donc comme les petits plaisirs dans la vie sont fondamentaux, aujourd'hui, j'ai décidé que le dragon, eh ben, j'allais l'adopter.

Sauf que. Y a toujours un sauf que (3).

Le présentoir avait été bougé (à la place ils ont mis des cartes Pokémon), j'ai commencé à aller voir s'il pouvait être ailleurs puis j'ai pensé "utilisons les compétences", j'ai demandé de l'aide à une vendeuse dans les rayons. Et là, très exceptionnellement, j'ai réussi à parler en langue femme (compliquée, la langue femme pour moi). J'ai dit ce que je savais "violet" d'abord, je l'ai décrit et je lui ai laissé croire qu'un gamin me l'avait réclamé (j'ai rien dit, elle en a déduit ça car je lui ai mimé) puis je lui ai parlé comme à une pro, j'ai dit où était le présentoir, qu'il n'y était plus, là, elle m'a dit qu'il avait été déplacé parce qu'il était tombé.

Mais ça, elle me l'a dit après m'avoir montré plusieurs autres trucs. La phrase magique, ça a été "vous avez des enfants?" avec un sourire.

Là, elle a compris ma détresse, mon désarroi, son coeur de mère a vibré (j'étais juste à la recherche d'un jouet et pas n'importe quel jouet, celui qu'on m'avait demandé, celui qu'il fallait absolument trouver parce que sinon y allait avoir un gamin qui allait trépigner, se rouler par terre en hurlant que c'était pas le bon) et là, elle a trouvé où était le présentoir. Je ne l'aurais jamais trouvé toute seule et elle a farfouillé parmi les figurines et elle m'a trouvé mon dragon.

Je lui ai di "merci, maintenant, je vais pouvoir faire mes courses". ha ha (là, j'ai menti ---> c'est pas bien mais parfois ça sert).

Parce que je fais ça dans tous les rayons de connaître l'emplacement exact des produits dont j'ai besoin. Et leur prix.

Sauf qu'au supermarché, je ne fais pas les courses. En tout cas, pas comme l'adulte responsable que j'ai l'air d'être. Que j'ai l'âge d'être.

Non. Je me console de mes chagrins secrets et je prépare les fêtes à venir. A ma façon. Avec mon dragon. Mon nouvel ami :)

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Pour la bonne compréhension de ce texte et pour ceux qui voudraient comprendre ce dont je parle, j'ai pensé que ce serait bien de vous faire des notes de bas de page :)

Toujours pratiques, les notes de bas de page.

*Montaigne et La Boétie (à ce propos, j'aime beaucoup la chanson de Sardou où il chante ça mais je vais sûrement passer pour une plouc ou une has been ou une je ne sais pas quoi encore à écouter attentivement les paroles de chansons dites de variétés). Disons qu'en gros, à dire vrai, c'est grâce à Sardou que j'ai ensuite su que ça concernait Montaigne et La Boétie, cette phrase. Me suis pas tapée "les Essais", trop austère pour moi. Un jour, peut-être, quand je voudrai avoir enfin de l'érudition.

(1) oui. et qui marchent au doigt et à l'oeil. Une fois, j'ai voulu faire une pina colada avec mon blender. Eh ben, il a rendu l'âme. Paf, court-circuit. La pina colada, c'était partout sur le plan de travail mais pas dans nos verres. On a bien rigolé. Et épongé le désastre. P'têt qu'un coup, je vous raconterai si ça vous intéresse.

(2) On m'a dit ça texto ce weekend...!!!!! c'était drôle :)

(3) vous vous souvenez du film "la course au jouet" avec Arnold Schwarzenegger? (titre original: "Jingle all the way", merci IMDB via allociné car exceptionnellement je ne connaissais pas le titre original, j'ai dû le voir à la télé).

Eh ben, moi, à la recherche d'un truc dans un magasin, c'est un peu lui cherchant le jouet (THE jouet!!!! avé l'accent ;)) au moment où tout le monde cherche le même et qu'il est en rupture de stock. Ca vous parle, ce film? Il est très rigolo, je vous le conseille si vous ne l'avez pas vu.

D'ailleurs, s'ils le repassent pour Noël ou mieux, si sur Amazon, il est en promo, eh ben, je vais p'têt me l'offrir.

Je  le regarderai avec mon dragon. Je suis sûre que ça va lui plaire!!!!

PS: j'ai remarqué que j'avais oublié une négation qui donne l'impression que je dis le contraire de ce que je pense. j'écris tellement vite que j'arrive pas à mettre "ne" et "pas" dans la même phrase et on me le reproche tout le temps. et quand je me relis, ça me saute aux yeux que ce "PAS"-là, ça va donner l'impression de ne pas savoir.

les "ne" c pas grave, on les enlève dans la langue de tous les jours et on se comprend quand même. parce qu'on se connaît. et on sait ce qu'on dit :) on se sourit ;) on se se reprend tout de suite et on fait les bons gestes.

je fais des anomalies dans mes textes. toujours. et j'ai pas le courage d'aller courir après le "pas" que j'arrive pas à retrouver dans mon texte où j'ai mis des couleurs et des petites lignes, et du gras et du surligné. parce que ce coup-ci, je veux que celui-là de texte, il soit compris et lu. Qu'on me pose des questions. Qu'on se demande pourquoi je fais toujours ça.

Mais là, les statistiques se taisent. y a plus personne. A part les fidèles. ceux qui me laissent toujours des commentaires et que je connais pas mais dont je connais les pseudos par cœur.

parce qu'eux, ils reviennent. Et ils savent qu'y a des moments où j'écris beaucoup ou pas. et que peut-être y a quelque chose qui va pas.

j'écris avec la musique et la couleur, je fais chanter les doigts sur mon clavier. Parce que mon clavier, je le connais par coeur. j'y tape avec mes deux mains. sans regarder les lettres. A l'aveuglette, parce que j'ai appris très sérieusement à taper sur un clavier. et que je savais déjà taper sur un clavier parce que j'avais vu des raccourcis, ceux qu'on donne à celles qui étaient des championnes du clavier. à l'époque où c'était un art et qu'on pouvait pas corriger les lettres, revenir en arrière, raturer, remettre du blanc. Fallait que ça soit propre, net, important. Alors on apprenait à plusieurs.

j'ai appris QWERTY aux états-unis sans savoir que je savais déjà taper sur toutes les lettres et que les claviers, eh ben, y a des repères pour les doigts, des repères au milieu. pour trouver les bonnes lettres. et ceux-là, eh ben, ils ont traversé en relief tous les claviers.

et je suis rentrée, et c'était azerty et celui-là fallait que je l'apprenne, y avait les accents,  nos lettres compliquées et je savais plus écrire ni en anglais ni en français, le clavier me plantait.

sauf que j'ai tapé des rapports en anglais et là, j'ai protesté que c'était trop compliqué parce que le QWERTY, je le tapais vite et bien mais que l'azerty, eh ben, il mettait des erreurs dans ce que je voulais dire et là, on m'a dit, tu peux changer, c facile, y a un menu que tu piotes à la souris (mais ça, tu sais déjà faire) et tu changes. ton clavier, c un azerty mais en fait, il se comporte comme un qwerty. y a que toi qui sais où sont les bonnes touches.

eh ben, j'en ai déconcertés des gens pour qui les ordis, c'était sérieux avec mes flying toasters et mes insectes qui se goinfraient les dossiers qui me cassaient les pieds. j'ai joué en travaillant avec leurs ordis. Je joue toujours avec les ordis.

voilà. La musique à fond. et j'entends les paroles. et ce sont toujorurs les mêmes musiques. plus d'autres.

c le silence ici. c le silence dehors. c toujours pareil. Time for a much needed break...

sad. sad. very sad.